Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La nourriture en Corée

Publié le par Noémie

Cet article est reposté depuis annyeong Korea.

Aujourd’hui je ne vais pas faire l’apologie de la cuisine coréenne, si fine et si bonne pour la santé.

Non, je vais vous parler de la réalité. Parce que derrière le kimchi (chou épicé réputé très bon pour la santé et servi à tous les repas) et les légumes colorés se cache une réalité bien plus complexe.

 

 (Kimchi)

 

Je vais commencer cet article en brisant peut-être le rêve de nombreuses filles (et peut-être de garçons ?) rêvant de Corée du sud : Non, vous n’allez pas perdre du poids en venant en Corée (enfin sauf si vous vous mettez au régime, mais le résultat serait le même en restant en France).

 

Alors oui, il est vrai que la cuisine ici n’est en apparence pas grasse et pleine de légumes variés. C’est vrai aussi que vous n’aurez pas de difficulté à attendre votre quota de cinq fruits et légumes par jour… Ah non, ce sera seulement cinq légumes par jour, pas de fruits. En Corée du sud, les fruits sont beaucoup plus chers qu’en France. Par exemple, pour acheter une barquette de trois petites bananes (et pas une de plus) vous devrez débourser entre 1 euro 30 et 1 euro 80. L’abomination suprême ici étant le prix des pêches que l’on n’achète pas au kilo mais à l’unité. Et vous paierez votre unique pêche au même prix qu’un kilo de pêche en France. En contrepartie il faut admettre que les fruits sont meilleurs au niveau du goût en Corée du sud, bien que j’en ignore la raison. Ils sont plus juteux et plus savoureux. Alors si vous avez les moyens, n’hésitez pas à les goûter !

 

Un autre bon point pour la Corée du Sud : Le coût du restaurant. Depuis que je suis arrivée en Corée, je mange essentiellement au restaurant alors qu’en France j’y allais deux fois par an maximum. En plus de n’être pas cher, les coréens mangeant beaucoup les portions servies suffiront amplement à combler n’importe quel appétit français, car je pense qu’aucun français ne peut manger autant qu’un coréen affamé. Ainsi donc vous pourrez avec seulement un euro manger une assiette de kimbab (rouleau de riz, légumes et viande entouré par une algue sèche), et pour deux ou trois euros vous pourrez manger à peu près n’importe quel plat. Moi et mes camarades françaises en sommes arrivées à un point où nous nous insurgeons dès lors qu’un plat coûte plus de 2 euros 50. Le retour en France risque de nous faire tout drôle de ce côté-là.

 

 

 

 

 

 

 (Kimbab, le plat que je mange le plus souvent)

 

 

Je dois aussi reconnaître que la cuisine coréenne est très saine, étant composée principalement de riz, de légumes et de soupes en tous genres… Oui mais il y a un mais. Moi, pauvre petite française habituée à mes produits laitiers et à ma cuisine toute douce, je me suis retrouvée fort mal en point après avoir découvert un aspect important de la cuisine coréenne : les épices. Beaucoup de plats sont épicés, à un point où vous allez sentir vos lèvres brûler et vous mettre à suer au bout de quelques bouchées. Et ne comptez pas sur vos amis coréens pour vous sauver. Si vous leur demandez «Est-ce que ce plat est épicé ? », ils vont le plus souvent répondre : «Juste un peu ». Juste un peu pour eux, beaucoup trop pour votre estomac fragile. Mon conseil : Ne faites confiance qu’à votre instinct et fuyez tout aliment de couleur rouge. Cela pourrait vous sauver la vie.

 

 (Ddeokbokki, un plat épicé mais délicieux)

 

Tout autre chose maintenant : Comme beaucoup je pensais que je n’allais pas grossir en venant en Corée, et je ne pense pas avoir grossi beaucoup mais ce n’est certainement pas grâce à ce que je mange que je rentre encore dans mes pantalons. C’est plutôt grâce aux innombrables escaliers et aux côtes au dénivelé vertigineux (Ai-je déjà mentionné que mon Université est au sommet d’une des nombreuses montagnes sur lesquelles a été construite la ville de Busan ?). Parce que quand je réalise comment je mange depuis que je suis en Corée, ça me ferait presque peur. Alors oui c’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de chocolats et de bonbons (mais il y en a tout de même, rassurez-vous : Mars, Sneakers, Twix et même les Kinder sont ici !) mais par contre, il y a toutes sortes de gâteaux fourrés aux crèmes les plus bizarres (les coréens sont fan de crème apparemment). Personnellement je ne me suis pas aventurée à goûter les gâteaux aux haricots rouges mais j’ai très vite développé une addiction aux gâteaux à la crème de cacahuète, si peu chers et si caloriques. De plus, l’ombre des Etats-Unis étant partout présente en Corée du Sud, vous trouverez presque à coup sûr les plus grandes chaînes de magasins de donuts et autres pâtisseries américaines bourrées de sucre à tous les coins de rue (La chaîne Dunkin Donuts en tête). Toujours à des prix trop abordables pour vous faire renoncer, évidemment.

 

 (Un Dunkin Donuts sur 4 étages à Seoul)

 

En plus des sucreries américaines, la Corée regorge aussi de beaucoup d’autres réjouissances pour votre palais : Le Bubble Tea, qui n’a de thé que le nom est en fait une sorte de milkshake contenant des bulles de la grosseur d’une bille qui ont la consistance de bonbons dragibus. (Ces « bulles » sont obtenues par une opération chimique) Il en existe à tous les goûts, et je ne peux m’empêcher de sourire à l’idée de tous les goûter cette année. Une autre douceur plus coréenne cette fois : Le hoddeok. Là aussi plusieurs goûts possibles, nature ou au thé vert, et vous pouvez l’acheter dans la rue pour 1000 won soit 70 cents environ. Toujours en rapport avec les Etats-Unis la Corée est elle aussi envahie par les fast food et autres pizzerias comme Domino’s et Pizza Hut. Par contre ce qui est plus différent de la France, c’est qu’ici il y a des centaines et des centaines de petits restaurants réservés exclusivement à la viande de poulet. Les coréens en raffolent, mais avouez que le poulet frit n’est pas non plus le meilleur ami du régime, pas plus que le barbecue coréen qui consiste à faire griller de la viande de bœuf ou du gras de porc sur votre table au restaurant. (La viande en Corée coûte plus cher qu’en France, c’est pourquoi elle est un peu mystifiée. C’est la nourriture des plus aisés en quelque sorte, et donc on trouve beaucoup de restaurants ne servant que de la viande).

 

 (Bubble Tea)

 

(Hoddeok)   

 

Après ce petit paragraphe qui vous aura peut-être mit l’eau à la bouche, passons maintenant aux bizarreries de la cuisine coréenne. La palme d’or de la chose la plus immonde et apparemment comestible que j’ai pu voir revient au poulpe avalé vivant. Non seulement en France cela ferait scandale pour cruauté envers les animaux, mais je me demande bien comment on peut avoir l’idée de vouloir manger un animal aussi laid et visqueux encore frétillant. Différence culturelle peut-être. Quoi qu’il en soit étant végétarienne je ne pourrais pas vous en dire plus à propos du goût ni de la sensation que sentir des tentacules remuer dans votre gorge doit procurer. On reste toujours dans le monde marin avec la seconde place de la chose la plus horrible qu’il m’ait été donné de voir en Corée. Elle s’appelle « Ojingeo » en coréen, la sèche en français. Vous pouvez l’acheter entière (morte, je précise) dans la rue aux côtés de mon cher gâteau sucré, le hoddeok. Et la manière de la manger est très simple. Vous la tenez par le corps, et vous arrachez les tentacules les uns après les autres pour les manger. Amusant n’est-ce pas ? Si mes souvenirs sont bons cela ne coûte pas très chers donc n’hésitez pas à essayer si vous faites un tour en Corée !

 

 (Un homme mangeant un poulpe vivant)

 

 (La sèche, un met de la street food coréenne)

 

Enfin je pense qu'il est utile de le mentionner, si les coréens mangeaient du chien dans le passé c'est encore le cas aujourd'hui mais c'est beaucoup plus rare. Les jeunes coréens sont souvent choqués qu'on leur pose la question de savoir s'ils en mangent et peuvent même être vexés. Il y a beaucoup plus de chiens de compagnie que de chiens élevés pour la viande, et s'il en reste c'est une race bien précise donc n'ayez pas peur pour votre caniche ou votre labrador, il est en sécurité! Ce qui me choque plus que le fait de manger un chien (c'est un animal comme les autres, non?) ce sont les conditions d'élevage et d'abbatage difficilement soutenables dont j'ai eu des échos. Et les chats ne sont pas mieux lottis. Je pense que ce sujet nécessite un article entier que je ferais plus tard. Je vous épargne toute photo.

 

J’ignore si je vous ai donné faim ou coupé l’appétit avec cet article mais voilà, il me semblait important de rétablir la vérité sur le fait que la Corée n’est pas seulement synonyme de cuisine saine, loin de là ! Je ferais un article sur mes plats coréens préférés plus tard. Merci pour votre intérêt et bon appétit !

Un repas en Corée

Un repas en Corée

Commenter cet article